Sommaire du N°
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Parce qu'il a refusé de révéler la source de ses informations, Aboubacar Mchangama a été interpellé samedi et placé en garde a vue. |
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Région - Comores |
Médias, Information |
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Le directeur du journal l'archipel placé en garde à vue |
Parce qu'il a refusé de révéler la source de ses informations, Aboubacar Mchangama a été interpellé samedi et placé en garde a vue. |
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Le directeur de publication du journal indépendant "L'Archipel", en même temps président de l'Association des journalistes de la presse écrite des Comores (AJPEC) devrait comparaître ce lundi devant le parquet qui pourrait lui signifier son inculpation, a indiqué hier son avocat Me Fahmi Saïd Ibrahim. Le journaliste qui a fait l'objet de plusieurs convocations la semaine dernière par les gendarmes a été placé en garde à vue samedi. Cela fait 48 aujourd'hui, qu'il est isolé dans une cellule de la brigade judiciaire de la compagnie de gendarmerie de Moroni. Son avocat qui n'a pas été autorisé à le rencontrer - la loi comorienne ne permet pas l'assistance d'un avocat lors de la garde à vue- ne dispose d'aucune information sur la situation de son client et affirme ne pas être en mesure de prouver que la prolongation de sa garde à vue a été effectivement faite dans les règles. En revanche, a indiqué Me Fahmi, "mon client m'a attesté que la gendarmerie demande à ce qu'il lui le nom des officiers qui l'ont informés".
L'association des journalistes dénonce l'arbitraire
Aboubacar Mchangama est en effet poursuivi suite à une plainte déposée par l'Etat-major de l'Armée comorienne (Armée nationale de développement –AND) pour avoir révélé dans "L'Archipel" du 8 février, des informations précises sur le malaise dans les rangs des hauts officiers de l'armée suite à la promotion de trois d'entre eux au rang de commandants. Promotions qualifiées de "copinages" et "de galons CRC" du nom du parti du président Azali. Ces révélations n'ont pas été démenties par l'a hiérarchie de l'armée qui un mois après ces informations, a pris des sanctions contre les officiers mécontents qui ont été relevés de leurs fonctions. Deux d'entre eux ont été mis à la retraite anticipée. Les enquêteurs insistent cependant pour avoir les noms des informateurs du journaliste. "Mon client ne peut pas accéder à une telle demande contraire à son éthique" a déclaré son avocat.
En réaction à cette arrestation, l'Association des journalistes de la presse écrite des Comores (AJPEC) a publié samedi un communiqué de soutien à son président. Elle dénonce "les pressions faites sur le journaliste pour le contraindre à révéler ses sources. Une telle manière d'agir, est contraire à la loi sur la confidentialité des sources d'information et met en cause l'éthique et la déontologie professionnelles", précise l'AJPEC. Dans un appel lancé aux médias "pour ne pas laisser s'instaurer des pratiques qui affaiblissent le travail des journalistes surtout en cette période électorale", l'AJPE exhorte "les autorités judiciaires à se ressaisir et à faire respecter la liberté de la presse sur l'ensemble du territoire". Elle a demandé également, à l'opinion nationale et aux représentants de la communauté internationale présents dans l'archipel "à condamner sévèrement cette grave atteinte à l'exercice du métier du journaliste et à exiger auprès des autorités politiques et judiciaires, la libération immédiate de Aboubacar Mchangama".
KES
2008-09-08 |
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