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Lundi 8 Septembre 2008

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Sommaire du N° 66

Pousse-pousse à Mahajanga : le business du pauvre
Depuis 2005, c'est la ruée sur les pousse-pousse dans la ville du nord-ouest malgache. Paysans au chômage, fonctionnaires en mal d'argent rapide, artisans,...
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Les Comores, un pion sur l'échiquier de l'apartheid
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Les Jeux du chauvinisme
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Migrations : au-delà des mythes
Une immigration exclusivement miséreuse que seule une lutte intense pourra étouffer. Voilà le plat que l’on veut nous faire avaler.

Documents

la circulaire Sarkozy règlementant les conditions d'interpellation et de garde à vue des étrangers en situation irrégulière en France.
Discours de N. Sarkozy à Dakar

Droit du sol à Maore

"Immigration clandestine : une réalité inacceptable, une réponse ferme, juste et humaine". Rapport sénatorial

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L'actualité aux Comores au quotidien

Mayotte : des parents d'élèves non scolarisés mécontents
Les manifestants se sont réunis dans la matinée afin de dénoncer la non-scolarisation de leur(s) enfant(s). Selon l'association Oudaïlia Haqui Za M'mahore,

03/09/2008

Mayotte : un crash aérien pour du beurre
La préfecture de Mayotte avait annoncé la semaine dernière un exercice de simulation de crash aérien pour cette semaine, sans préciser la date de l'opération.

03/09/2008

Anjouan : des résultats du Bac catastrophiques
265 autres candidats sont appelés à repasser les épreuves de deuxième groupe, soit un pourcentage de 8,68%. En série A1, sur les 178 inscrits, 2 seulement

03/09/2008

La question de Mayotte au menu de l'ONU
Comme chaque année à l'approche de l'Assemblée générale de l'ONU fin septembre, les partisans du retour de Mayotte dans l'ensemble politique comorien scrutent

03/09/2008

Comores : les entreprises auraient perdu 60 millions à cause des pénuries
"Les pertes subies se chiffrent entre 20 et 30 milliards de francs comoriens (entre 40,6 et 60,9 millions d'euros)" depuis le mois de juin, a déclaré à

01/09/2008

Mayotte : une mission sénatoriale en vue de la départementalisation
Du 1er au 6 septembre, les membres de cette mission dirigée par le président (UMP) de la Commission des lois du Sénat, Jean-Jacques Hyest, doivent rencontrer

01/09/2008


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Pousse-pousse à mahajanga : le business du pauvre

Depuis 2005, c'est la ruée sur les pousse-pousse dans la ville du nord-ouest malgache. Paysans au chômage, fonctionnaires en mal d'argent rapide, artisans, citadins sans le sou : après la fermeture des grandes usines et la crise économique, tout le monde y trouve son compte.


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“C'est un travail." La phrase revient comme un refrain dans la bouche des tireurs de pousse-pousse de Mahajanga. Une évidence qu'il leur paraît bon de répéter pour couper court aux comparaisons désobligeantes : "Auparavant, une personne qui porte une autre personne était considérée comme un esclave", remarque Christophe Andriamarola, président du Syndicat des pousse-pousse de la ville. "En vérité, c'est un boulot pour vivre, c'est tout. Les gens de Mahajanga évoluent, il y en a pas mal qui ont ça en tête maintenant." Voici quelques années que l'affluence des pousse-pousse a changé le visage de la principale ville portuaire du nord-ouest malgache, d'où s'enfuit au XIXème siècle le roi sakalave Andriantsoli, qui vendra Maore à la France, et où s'est établie une forte communauté comorienne.


Sur l'asphalte lisse, les cahots des chemins ou la poussière des ruelles, impossible de manquer ces hommes qui conduisent au petit trot, tirant par ses brancards leur carriole à deux roues où se prélassent un, deux, et parfois trois citadins. Les pousse-pousse transportent tout et tout le monde : des marchandises, les "starlettes" qui pianotent sur leur téléphone portable, les mamans avec leur bébé, les employés de bureau… Tous ceux qui peuvent payer la modeste somme de 200 ariary (0,08 euro, 40 fc) pour économiser leurs jambes et gagner du temps, mais n'ont pas les moyens de prendre le taxi, qui coûte environ dix fois plus cher. Alors que l'inflation a réduit le pouvoir d'achat des Malgaches et que les rares taxis individuels restent vides, les pousse-pousse assurent avec les bus collectifs l'essentiel du trafic urbain. "Ils charrient du riz, du ciment… S'ils n'étaient pas là, les gens de Mahajanga n'arriveraient pas à vivre", assure Jean-Louis Rabe, propriétaire de plusieurs pousse-pousse et membre du bureau du syndicat.


 


Les "tireurs", comme les appelle la municipalité, n'ont pas toujours été aussi nombreux. Les premiers d'entre eux ont débuté dans les années 1960 à l'initiative des Indiens, qui avaient importé d'Asie ce mode de transport. "Leurs pousse étaient plus grands et n'avaient pas de chambre à air, comme des charrettes", précise Christophe Andriamarola. Ils ont d'abord été testés à Antsirabe, au sud d'Antananarivo, puis se sont répandus à Toliara, au sud-ouest de l'île, et Toamasina, sur la côte est. Mahajanga a été la quatrième ville à les utiliser. "Dans les années 1970, ils étaient une vingtaine", affirme-t-on à la mairie.


Quinze ans plus tard, ils étaient des dizaines à se passer le mot : tirer les pousse-pousse à Mahajanga était devenu un débouché commode pour les fils de paysans qui souhaitaient tenter l'aventure à la ville, et se rassemblaient entre jeunes célibataires. "Vers 86-87, ils avaient loué une grande maison où ils logeaient tous ensemble", rapporte Christophe Andriamarola. Le rythme des migrations s'est cependant précipité récemment, à la suite de la fermeture des plantations et des grandes usines sucrières 1. "C'est à partir de 2005 que le nombre de pousse-pousse a augmenté", note Rakotozara Daniel, responsable financier aux services municipaux. "Des gens de brousse montent en ville pour éviter le chômage. Il y a même des gens de Tana qui viennent ici." Avec son port, ses entreprises et ses vacanciers, Mahajanga, ville balnéaire et relativement prospère, draine en effet des hommes venus de tout le pays en quête d'un emploi.


 


(la suite dans Kashkazi n°66)

2008-09-08

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