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Lundi 8 Septembre 2008

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Sommaire du N° 67

Chers directeurs de collèges, merci de faire notre travail
Gare aux balles de ping-pong !
Enfants des rues à Maore : au bord du précipice
On les voit, mais on ne sait rien d’eux. Combien sont-ils ? Où vivent-ils ? Ont-ils des parents ? Conséquence (entre autres) de la lutte contre l’immigration...
Maore : pourquoi le tourisme ne décolle pas
Tout le monde le dit : le développement de l’île passe par le tourisme. Mais depuis 15 ans, rien ne semble confirmer cette tendance. Manque d’infrastructures...
Diplomatie : comment Sambi s'est aliéné
Il est loin le temps de l'euphorie. Le président Ahmed Abdallah Sambi a réussi en un peu plus d'une année d'exercice du pouvoir, à excéder les partenaires...
"La polygamie, ça donne la haine aux femmes"
Quatre mères de famille de Chirongui racontent leur bataille pour ne pas se laisser bouffer par l'autre vie conjugale de leur époux…
Les femmes adeptes du statut quo ?
Le pouvoir réel des Comoriennes est tel au sein des familles qu'elles pourraient renverser le système qui les lie à la sphère domestique. Auraient-elles...
savé vou parlé la lang texto ?
Essayez donc de saisir ce message : "slt comm1 sa va ? J ri1 afer ce we je m1nui jevé dormir a 2m1 ébone nu". Si vous n'avez rien compris, attendez-vous...

Documents

la circulaire Sarkozy règlementant les conditions d'interpellation et de garde à vue des étrangers en situation irrégulière en France.
Discours de N. Sarkozy à Dakar

Droit du sol à Maore

"Immigration clandestine : une réalité inacceptable, une réponse ferme, juste et humaine". Rapport sénatorial

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N° 68 : 04 12 2007
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N° 63 : 03 05 2207
N° 62 : 05 04 2007
N° 61 : 05 03 2007
N° 60 : 05 02 2007
N° 59 : 04 01 2007
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L'actualité aux Comores au quotidien

Mayotte : des parents d'élèves non scolarisés mécontents
Les manifestants se sont réunis dans la matinée afin de dénoncer la non-scolarisation de leur(s) enfant(s). Selon l'association Oudaïlia Haqui Za M'mahore,

03/09/2008

Mayotte : un crash aérien pour du beurre
La préfecture de Mayotte avait annoncé la semaine dernière un exercice de simulation de crash aérien pour cette semaine, sans préciser la date de l'opération.

03/09/2008

Anjouan : des résultats du Bac catastrophiques
265 autres candidats sont appelés à repasser les épreuves de deuxième groupe, soit un pourcentage de 8,68%. En série A1, sur les 178 inscrits, 2 seulement

03/09/2008

La question de Mayotte au menu de l'ONU
Comme chaque année à l'approche de l'Assemblée générale de l'ONU fin septembre, les partisans du retour de Mayotte dans l'ensemble politique comorien scrutent

03/09/2008

Comores : les entreprises auraient perdu 60 millions à cause des pénuries
"Les pertes subies se chiffrent entre 20 et 30 milliards de francs comoriens (entre 40,6 et 60,9 millions d'euros)" depuis le mois de juin, a déclaré à

01/09/2008

Mayotte : une mission sénatoriale en vue de la départementalisation
Du 1er au 6 septembre, les membres de cette mission dirigée par le président (UMP) de la Commission des lois du Sénat, Jean-Jacques Hyest, doivent rencontrer

01/09/2008


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Maoré - Mayotte Société
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Enfants des rues à maore : au bord du précipice

On les voit, mais on ne sait rien d’eux. Combien sont-ils ? Où vivent-ils ? Ont-ils des parents ? Conséquence (entre autres) de la lutte contre l’immigration clandestine, le phénomène des mineurs isolés a pris une ampleur inquiétante ces derniers mois. Si rien n’est fait, "Mayotte deviendra le plus grand orphelinat à ciel ouvert de la région", craint un observateur.


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(…)


Plus loin, Djaloud, 14 ans, dit vivre seul dans son banga depuis l'âge de 12 ans. "Mon père, je l'ai jamais connu. Ma mère travaillait au marché, mais elle s'est fait attrapée par la police et a été renvoyée avec mes deux frères de 5 et 7 ans. Moi, j'étais pas avec elle quand elle a été attrapée et je vivais déjà ma vie. Je suis allé à l'école jusqu'à 13 ans, mais après, mes résultats étaient pas bons et je savais pas quoi faire. J'avais pas envie de retourner en classe." Djaloud fait quelques fois la manche. "Quand j'ai rien à manger". Mais la plupart du temps, il se débrouille, selon ses propres mots. "Je fais du business", entonne-t-il sur le refrain de ses aînés. "Je vends des montres au marché." Accompagné d'un de ses copains, qui n'a pas voulu me dire son nom, Djaloud m'amène dans son "quartier" ; un hameau de six bangas situé dans les hauteurs de Kaweni, loin de la dernière case. "Ici on est tranquille. On fait ce qu'on veut. Personne vient nous emmerder et les flics ne passeront jamais." Dans son banga, il s'est installé un lit, une table et quelques photos. "Je vivais ici même quand ma mère était là. Elle avait pas beaucoup d'argent et je devais déjà me débrouiller. Elle devait d'abord penser à nourrir mes deux frères", dit-il en prenant l'air adulte. Ses voisins sont comme lui : "Sans parents ou qui ont quitté leur maison parce que ça se passait mal." Certains, assure-t-il, ont des portables, d'autres des beaux vêtements. "Ils se débrouillent bien", lâche-t-il sans en dire plus. Lui est plus déguenillé.


Voilà quelques mois que ces mendiants en culottes courtes hantent les parkings des supermarchés de Maore. On les trouve aussi au marché, à l'entrée de la barge ou dans la décharge de Hamaha, où chaque jour ils inhalent des odeurs pestilentielles pour récupérer des vêtements ou des objets. Certains font régulièrement les poubelles des quartiers huppés de la capitale.


Ils seraient des centaines, estiment les travailleurs sociaux qui les côtoient sur le terrain. Mais il est impossible de connaître leur nombre exact. "On ne sait rien d'eux", affirme une éducatrice qui a travaillé sur Kaweni (et qui a tenu à garder l'anonymat). "Ils sont complètement hors système : souvent déscolarisés, sans papiers, ils n'entrent dans aucune case." Pas même la case Justice. Parmi les 300 nouveaux dossiers ouverts chaque année dans le cabinet du juge des enfants, les cas de mineurs isolés sont encore minoritaires, loin derrière les affaires de jeunes enfants victimes de viol ou de violences, en voie de descolarisation ou sur le chemin de la délinquance pour lesquels les parents dépassés appellent à l'aide. "Mais c'est l'aspect le plus visible des mineurs en danger", note notre éducatrice. "Paradoxalement, ces enfants que le grand public voit le plus sont ceux que les institutions ne voient quasiment jamais." "Le problème des enfants en errance est devenu très important. On trouve de toutes les situations : certains sont déscolarisés, d'autres non, certains sont dans une maison, d'autres se débrouillent seuls…", confirme Philippe Duret, directeur de l'association Tama, qui travaille à la réinsertion des jeunes en difficultés. "On ne peut pas avoir une idée de combien ils sont, ni comment ça évolue, mais il y en a, ça c'est sur, donc il y a un problème. Aujourd'hui on a des gamins dont on ne sait rien : où ils vivent ? sont-ils scolarisés ? par qui sont-ils élevés ?"


Chaque semaine, de très nombreux enfants seraient séparés de leur mère -ou leur père-, laissés à la famille (parfois éloignée) ou au voisins, ou abandonnés à leur propre sort, assure Catherine Fleury, responsable du service de milieu ouvert de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). Dix, vingt, trente ? On ne sait pas. Une chose est sûre : ils sont de plus en plus nombreux et le phénomène ne fait que s’accélérer depuis quelques mois. "S'il est difficile d'avancer des chiffres, on observe effectivement une hausse des enfants isolés", indique Christine Leroy-Fiche, directrice de l'Aide sociale à l'enfance (ASE), un service du Conseil général chargé de suivre les mineurs en danger. "On voit ces enfants qui mendient, certains sont dans un état pitoyable d'un point de vue hygiénique". Une conséquence parmi d'autres de la chasse aux sans-papiers organisée chaque jour par les autorités préfectorales. "Il y a eu une grosse augmentation ces derniers mois. C'est en partie lié au fait qu'avant, il n'y avait pas d'outils d’estimation, mais c'est aussi une résultante des nombreuses expulsions", affirme C. Fleury.



(la suite dans Kashkazi n°67)

2008-09-08

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