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Lundi 8 Septembre 2008

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Sommaire du N° 68

Exsangues, les Anjouanais rêvent (en douce) d'une libération
Après des mois de ralentissement économique, les dernières restrictions imposées aux autorités de l'île par l'Union africaine se font progressivement sentir....
D’amour, de stress et de papiers
Sous prétexte de lutter contre les mariages blancs, certains maires et agents de police détruisent des couples qui n'ont rien à voir avec un quelconque...
Jetez-les aux fauves, ça règlera le problème...
C’est est l'une des plaisanteries les plus en vogue dans les aéroports comoriens : "- Tu pars en voyage ? T'es pas sur la liste ?" ça pourrait bientôt...
Elle est où, la région ?
La bêtise est éternelle, mon cher Watson !
Il faisait partie des derniers des Mohicans. Mohicans, comprendre ici : ces illuminés qui rêvaient d'une Afrique plus blanche que blanche, et qui, de...
De Dubaï à la Chine : le “rêve américain” des petits commerçants
Dans tout l'archipel, voyager pour affaires était autrefois le privilège de l'élite. Mais depuis une quinzaine d'années, mères de famille et jeunes chômeurs...
Sous le règne des “anges”
Après avoir été acclamés en 1978, les mercenaires de Bob Denard vont révéler peu à peu leur véritable visage. Pendant onze ans, les Comoriens subiront...
1995. "Vous ne me reconnaissez pas ?"
Le 28 septembre, Bob Denard et ses mercenaires, après un long voyage en mer, arrêtent dans sa résidence Saïd Mohamed Djohar et prennent le contrôle du...

Documents

la circulaire Sarkozy règlementant les conditions d'interpellation et de garde à vue des étrangers en situation irrégulière en France.
Discours de N. Sarkozy à Dakar

Droit du sol à Maore

"Immigration clandestine : une réalité inacceptable, une réponse ferme, juste et humaine". Rapport sénatorial

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N° 67 : 04 10 2007
N° 66 : 05 09 2007
N° 65 : 05 07 2007
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N° 63 : 03 05 2207
N° 62 : 05 04 2007
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L'actualité aux Comores au quotidien

Mayotte : des parents d'élèves non scolarisés mécontents
Les manifestants se sont réunis dans la matinée afin de dénoncer la non-scolarisation de leur(s) enfant(s). Selon l'association Oudaïlia Haqui Za M'mahore,

03/09/2008

Mayotte : un crash aérien pour du beurre
La préfecture de Mayotte avait annoncé la semaine dernière un exercice de simulation de crash aérien pour cette semaine, sans préciser la date de l'opération.

03/09/2008

Anjouan : des résultats du Bac catastrophiques
265 autres candidats sont appelés à repasser les épreuves de deuxième groupe, soit un pourcentage de 8,68%. En série A1, sur les 178 inscrits, 2 seulement

03/09/2008

La question de Mayotte au menu de l'ONU
Comme chaque année à l'approche de l'Assemblée générale de l'ONU fin septembre, les partisans du retour de Mayotte dans l'ensemble politique comorien scrutent

03/09/2008

Comores : les entreprises auraient perdu 60 millions à cause des pénuries
"Les pertes subies se chiffrent entre 20 et 30 milliards de francs comoriens (entre 40,6 et 60,9 millions d'euros)" depuis le mois de juin, a déclaré à

01/09/2008

Mayotte : une mission sénatoriale en vue de la départementalisation
Du 1er au 6 septembre, les membres de cette mission dirigée par le président (UMP) de la Commission des lois du Sénat, Jean-Jacques Hyest, doivent rencontrer

01/09/2008


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La bêtise est éternelle, mon cher watson !

Il faisait partie des derniers des Mohicans. Mohicans, comprendre ici : ces illuminés qui rêvaient d'une Afrique plus blanche que blanche, et qui, de la Namibie au Zimbabwe en passant, évidemment, par l'Afrique du Sud, ne voyaient dans le Noir qu'un sous-homme tout juste bon à assumer les basses besognes. Ian Smith, dernier Premier ministre de la Rhodésie, devenue le Zimbabwe après une rébellion armée contre le régime de la minorité blanche, est décédé en Afrique du Sud à l'âge de 88 ans, le 20 novembre. Jamais jusqu'à sa mort, rapporte Patrice Claude dans Le Monde 1, Ian Douglas Smith n'a émis le moindre remord quant à ses méthodes de combat pour la suprématie blanche…


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La biographie de Ian Douglas Smith n'est pas sans intérêt. Parce qu'il fait partie de ces spécimens qui, au fil des ans, disparaissent, son parcours est une trace dans l'Histoire d'un XXème siècle qui aura érigé le racisme en doctrine de gouvernement. Il est né en 1919 à Selukwe, un village minier de la Rhodésie du Sud, colonie britannique quasiment privatisée par Cecil Rhodes, le père idéologique de ces dinosaures-là. C'était un homme d'un autre temps, écrit Patrice Claude. "Au mieux, paternaliste" dans ses relations avec les Noirs, au pire "profondément raciste", disaient ses opposants. Il était convaincu de "la supériorité de la civilisation chrétienne" sur les autres et ne comprit jamais pourquoi la Grande-Bretagne l'avait "trahi" en l'obligeant à céder la place à la fin des années 70. Sous son règne, 95% du corps électoral était issu de la minorité blanche (8% de la population) alors que le pays comptait 90% de citoyens noirs (5% d'entre eux avaient le droit de vote).
"Pour sauver cette Rhodésie qu'il adorait, ce "parfait rebelle", comme le baptisa The Times, se montra prêt à tout. Son principal coup d'éclat date de 1965. Ce jour-là, "à la onzième heure du onzième jour du onzième mois" de l'année, Ian Smith, sentant le vent de la suprématie blanche sur l'Afrique tourner "dans la mauvaise direction", rompt avec Londres et prononce sa fameuse "déclaration unilatérale d'indépendance". Suivront quinze années de guerre, de sanctions internationales allégrement détournées par toutes les entreprises, occidentales mais aussi africaines, qui trouvaient intérêt à commercer malgré tout avec le "bastion blanc". Longtemps, sous son règne, la Rhodésie résiste avec succès. Son économie est prospère, son armée bien équipée. Et puis, inéluctablement, à partir de 1976, année où le Portugal accorde son indépendance au Mozambique voisin, tout s'enraye, les investisseurs s'en vont et des milliers de fermiers blancs déménagent dans l'Afrique du Sud voisine. En 1980, c'est la fin. 1" Vaincu par la rébellion d'un autre illuminé -Robert Mugabe-, héros devenu infréquentable, il ne quittera cependant "son" pays qu'en 2004, "veuf, malade, rongé par l'amertume 1".
Contre vents et marées, pire ! contre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, il avait résisté à la vague de libération du peuple noir, en cadenassant son pays. "C'était un raciste impénitent et il ne sera pas regretté", a déclaré le vice ministre zimbabwéen de l'Information, Bright Matonga.


 Une page se tourne, entend-on ici et là. Ce genre d'illuminés disparaissent, comme avant eux, les racistes du Ku Klux Klan aux Etats-Unis, les nostalgiques du national-socialisme en Europe, les mercenaires hérités de la coloniale en Afrique. Mais leurs idées, elles… Que deviennent-elles, une fois qu'elles ont été soigneusement véhiculées ? Elles continuent leur route, bien sûr ! Voilà belle lurette même qu'elles ont pris leur indépendance. Sankara -dont on a célébré le vingtième anniversaire de la mort en octobre- répétait souvent que les hommes meurent, les idées restent. C'est vrai, et pas seulement les bonnes. Prenez les mercenaires... Mayotte Hebdo affirmait il y a quelques semaines qu'avec la mort de Denard, c'est une page qui s'est tournée. "Le dernier mercenaire", titrait le journal, alors même qu'ils sont des milliers, Américains, Anglais, Sud-africains, Chiliens, Français…, à parcourir les champs de batailles du Moyen-Orient et de l'Afrique. Le dernier des mercenaires de la France alors ? Ben voyons… Certains de ses anciens camarades n'ont pas attendu la mort de "Bob" pour prendre la tangente. Certains n'étaient pas très loin il y a cinq ans, dans la bataille de rue qui a opposé Ravalomanana à Ratsiraka. D'autres ont choisi de se réfugier dans ce qui reste le meilleur endroit pour un mercenaire : l'Afrique centrale, notamment celle du Congo ex-Zaïre.


 Prenez les nazis aussi. Et lisez cet article de Die Welt, un journal allemand, qui date de septembre 2007, oui… 2007. "A l'automne dernier, lors des élections régionales, le NPD [Parti national-démocrate d'Allemagne, néonazi] a obtenu 9,3 % des suffrages dans le district de Demmin. Ici, la xénophobie a quitté les marges pour entrer dans les structures normales de la société. "Il est certain que l'extrême droite attire de plus en plus de monde", reconnaît Lorenz Caffier (CDU), ministre de l'Intérieur du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. Selon l'Organe de protection de la Constitution, en 2006, le nombre de délits à caractère politique a augmenté de près d'un tiers dans ce Land oriental. Au mois de mars, Caffier a publié un décret visant à bloquer l'accès des militants extrémistes aux plus hautes fonctions de l'administration. A l'avenir, les candidats aux élections municipales devront s'engager à respecter la démocratie et l'Etat de droit pour pouvoir se présenter. Selon Caffier, les militants du NPD se sont mis à recruter des sympathisants essentiellement par le biais d'associations "citoyennes", de manifestations culturelles "germaniques" et d'activités sportives. Dans certaines circonscriptions, l'extrême droite a obtenu ici 15% des voix ; elle a même dépassé les 30% dans certaines communes. Au cours des quatre dernières années, dans cette région qui longe la mer Baltique, le NPD est sorti d'un quasi-néant pour s'imposer dans la sphère politique." Poursuivez votre lecture. Quelques lignes encore. Les  plus charmantes. "A environ 70 kilomètres au nord de Demmin, au cœur de l'ancien quartier alternatif de Rostock, on peut lire, en grosses lettres rouges sur les stores encore baissés d'un magasin : ‘Plus belle la vie sans les nazis !’ Pourtant, que cela plaise ou non aux riverains, cette boutique de souvenirs lève son volet tous les jours, à midi, dévoilant en vitrine un écriteau portant ces mots : ‘Nazis à la conquête des Parlements !’"


 Et puis prenez le Ku Klux Klan. Qui savait qu'il vit encore ? Pis, qui se doutait que ses militants recommencent à recruter ? Aux Noirs sont venus se greffer les immigrés comme source de tous les maux du pays de l'Oncle Sam. Selon un quotidien de Boston, le mouvement raciste, qui affichait à son apogée, dans les années 1920, plus de 4 millions d'adeptes, compterait aujourd'hui de 5.000 à 8.000 membres (contre 2.000 dans les années 1970). "Si certains membres du Ku Klux Klan arborent encore de longues tuniques et des cagoules lors de leurs manifestations, les plus jeunes sympathisants ressemblent davantage à des skinheads ou à des néonazis", indique le journal (lire p.32). 


 Enfin, prenez ce cher James Watson, dont vous avez certainement entendu parler. Vous savez ? cet ancien Prix Nobel de la Paix. Ce formidable généticien qui, à quelques encablure de la mort qui le rapprochera de Ian Smith et de Bob Denard, a déclaré dans une interview accordé au Sunday Times : "Les politiques d'aide à l'Afrique noire ne peuvent pas fonctionner car elles reposent sur l'idée que les Noirs sont aussi intelligents que nous ; or toutes les données prouvent le contraire". Voilà, c'est dit. Pour rappel, Watson, 79 ans, est à la tête d'un grand institut de recherche aux Etats-Unis. Jusqu'à présent, il était connu dans le milieu scientifique pour ses positions sexistes et quelques idées scientifiques positivistes du genre : "La 'bêtise' pourra sous peu être guérie" ou, "Dans les dix ans à venir, on trouvera les gènes responsables de la différence d'intelligence entre les êtres humains", ou encore, "Grâce à la génétique, on pourra bientôt rendre toutes les femmes jolies, ce qui sera vraiment super". Certes, le vieux s'est timidement excusé. "Je suis profondément mortifié par ce qui s'est passé. Je ne peux pas comprendre comment j'ai pu dire ce sur quoi on me cite." Mais le mal est fait.  Le message est passé. Celui d’un Prix Nobel tout de même !


 En affirmant qu’elle disparaîtrait un jour, Watson avait-il une idée quant aux moyens d’anéantir la bêtise? Parce que les vieux dégueulasses, racistes et xénophobes, ont beau mourir comme tout le monde, leur venin idéologique, lui, persiste. Quelle que soit l'époque…


Vincent Misson


1 Le Monde, 22/10/2007

2008-09-08

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