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Mardi 13 Mai 2008

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Sommaire du N° 70

Maore : le droit du sol au prisme de la pensée unique
Après la proposition de Christian Estrosi de suspendre le droit du sol dans l’île, les médias dominants et les dirigeants politiques les plus influents...
Comment le régime Bacar est devenu une machine à torturer
En quelques mois, le colonel Bacar a mis en place un régime tyrannique où le simple fait de se réunir sur les places publiques est prohibé. Ses armes...
Entre médecine, tisanes et prières, naître aux Comores au XXIème siècle
Comment les Comoriennes vivent-elles leur accouchement à la maternité, hors du cocon familial qui orchestrait autrefois la naissance ? Affolement des jeunes...
BLU : la bouée de sauvetage des sans-grade de l’archipel
Disséminés dans les quatre îles de l’archipel et au-delà, les stations BLU permettent aux plus démunis de communiquer avec la famille et de recevoir de...

Documents

la circulaire Sarkozy règlementant les conditions d'interpellation et de garde à vue des étrangers en situation irrégulière en France.
Discours de N. Sarkozy à Dakar

Droit du sol à Maore

"Immigration clandestine : une réalité inacceptable, une réponse ferme, juste et humaine". Rapport sénatorial

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N° 62 : 05 04 2007
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L'actualité aux Comores au quotidien

Les Comores Music Awards à Savigny-le-Temple
La cérémonie des Comores Music Awards aura lieu le 17 mai 2008 au Millénaire de Savigny-le-Temple. A l'occasion de cette soirée, qui débutera à 20h,

12/05/2008

Un décret du président Sambi contesté par le gouvernement de l’île de Ngazidja
Selon le ministre des Finances et porte-parole de l’exécutif de Ngazidja, ce décret viole la loi définissant les compétences de chacun des quatre pôles

12/05/2008

Nomination de nouveaux responsables militaires à Anjouan
Cet officier origine anjouanaise s’est illustré en s’opposant aux chefs séparatistes, ce qui lui a valu d’être persécuté et pourchassé à Anjouan. Le nouveau

09/05/2008

Des experts de l’OCI attendus prochainement aux Comores
C’est ce qu’indique un communiqué de l’Organisation, dont copie est parvenue à l'agence de presse APA. Selon la source, la mission envoyée par le secrétaire

09/05/2008

Les populations rurales réclament de l'eau courante aux Comores
"Le projet d’adduction d’eau dans le Oichili, mené en partenariat avec l’ONG Hydraulique sans Frontières, est suspendu parce que le gouvernement n’a pas

09/05/2008

Comores : le gouvernement interdit les bals de jeunes
Les préfets de région sont actuellement mis à contribution pour sensibiliser les chefs locaux, à savoir les maires, les chefs de village, les notables

09/05/2008


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Région - Comores Société
Entre médecine, tisanes et prières, naître aux comores au xxième siècle

Comment les Comoriennes vivent-elles leur accouchement à la maternité, hors du cocon familial qui orchestrait autrefois la naissance ? Affolement des jeunes mères à Ngazidja, ruses des koko à Maore… Les sages-femmes racontent.

Le calme du crépuscule n'est déchiré que par de longs cris, ce soir-là à la maternité de l'hôpital El-Maarouf, à Moroni. La jeune femme qui lance ses invectives délirantes à la ronde n'en est pourtant qu'au début des contractions. Ses compagnes de chambre - deux salles qui communiquent accueillent les six tables d'accouchement, les femmes en travail et la pouponnière- ne disent rien. Les sages-femmes s'activent, indifférentes. "Celle-ci n'est qu'en début de travail, mais c'est son premier enfant", expliquent-elles. "Les femmes manquent d'informations" ajoute Fatima Ali Mohamed, qui travaille à la maternité depuis 1994. "Il n'y a pas de centre d'information et d'éducation pour le couple. Comment l'accouchement se déroule, comment tu vas te sentir… nous essayons de leur expliquer, mais c'est insuffisant. Dès les premières contractions, il y en a qui poussent des cris, qui se déperfusent, qui se blessent avec leurs dents… on est parfois obligées d'appeler un vigile !" "Les primipares1 sont affolées", confirme Ramlata, secrétaire générale de l'Association des sages-femmes des Comores. "C'est dû au stress. Elles ne sont pas bien préparées."

Pour la major du service, Batouli Jaffar, le comportement du personnel n'est pas étranger à la panique des parturientes. "Certaines disent aux femmes : ‘C'est toi qui l'a voulu cet enfant, pourquoi tu cries?’ Quand l'accueil a été mauvais, les femmes se réfugient dans les djinns. C'est pour elles une façon d'éviter les discussions avec les sages-femmes. Mais quand je leur demande : qu'est-ce qui ne va pas, on t'a grondée? Elles s'emportent, me racontent ce qu'elles ont subi et laissent tomber les djinns." Ramlata avoue de son côté que "certaines d'entre nous déconnent. Quand la femme vient, il faut la rassurer : ‘Je m'appelle Untelle, je suis de tel village, tu es avec nous, nous sommes tes sœurs…’ Mais toutes les sages-femmes ne le font pas."

Il faut dire qu'il y a un monde entre la manière dont les enfants naissaient traditionnellement, et l'accouchement en milieu hospitalier. Les femmes sur le point de donner la vie avaient coutume de voir graviter autour d'elles toute une foule aux petits soins et préoccupée uniquement de leur réussite. La matrone que l'on envoyait chercher était choisie avec prudence : s'il ne s'agissait pas d'une parente, il fallait au moins qu'elle soit réputée pour son bon cœur, et dans de bonnes dispositions à l'égard de la famille. Aux premières douleurs, la cour s'emplissait de voisines qui aidaient par leur chant la parturiente à supporter la souffrance. Elles appelaient la bénédiction d'Allah sur leur amie qu'elles comparaient souvent au pêcheur parti au large, luttant au milieu du mauvais temps… Elles s'efforçaient de couvrir ses cris et de lui faire répéter les noms du prophète et de ses compagnons. (…)


(La suite dans Kashkazi n°70)

2008-05-13

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