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Vendredi 22 février. Le secrétaire d'Etat français à l'Outremer, Christian Estrosi, affirme à la télévision envisager "une décision exceptionnelle" concernant Maore, selon laquelle "tout enfant né de parents en situation irrégulière" sur ce territoire ne pourrait plus "réclamer" la nationalité française. Il révèle ainsi sa volonté de suspendre le droit du sol, mais uniquement sur ce territoire. "Nous avons aujourd'hui à Mayotte 30 % de la population qui est en situation clandestine, irrégulière, et dans dix ans elle pourrait être majoritaire par rapport à la population franco-mahoraise", argue le secrétaire d'Etat, qui avance la possibilité d'un conflit armé à Ndzuani et d'un afflux massif de réfugiés pour expliquer sa position. Le diktat de la pensée unique se met immédiatement en chasse de toute réflexion orthodoxe. Le lundi suivant, le journal de Télé Mayotte donne la parole à des gens "de la rue", qui tous approuvent cette mesure. Par un malheureux hasard, le sujet donnant la parole aux associations militant pour le respect du droit des étrangers 1, bien qu'annoncé par le présentateur, n'est pas diffusé. Problème technique ? Voire… Il sera tout de même diffusé le lendemain. La même semaine, le Journal Mawana (n°89) soutient ouvertement cette mesure. S'il ne cite aucun responsable politique, Zaïdou Bamana affirme que "la majorité des élus accueille la proposition comme une bouée de sauvetage". Qui sont-ils ? Le lecteur n'en sait rien. Quant aux associations qui s'opposent à une telle mesure, malheur à elles : Zaïdou Bamana ne cite aucun de leurs arguments, mais assure qu'elles sont des "adversaires de la départementalisation de Mayotte". Il parle même d'un "réseau d'influence" de la part de ces "détracteurs acharnés" du statut départemental. Il ne les a pourtant pas interrogés. Au final, il appelle à la vigilance et prend les électeurs en otage : "La désinformation et l'intoxication touchent principalement la population métropolitaine installée dans l'île. Raison de plus pour voter juste aux élections municipales et cantonales afin de préserver les intérêts supérieurs de l'île". Pour sa part, Mayotte Hebdo (n°370) ne donne la parole qu'à Mansour Kamardine, ancien député UMP qui, en 2005, fut à la pointe du combat pour la fin du droit du sol à Maore. Celui-ci affirme sans sourciller que figurent "en premier lieu" des causes de l'immigration clandestine "le besoin [des Comoriens, ndlr] de voir leurs enfants nouveaux nés reconnus dans la nationalité française". Lui aussi s'en prend aux représentants d'associations qui, "au lieu de défendre les intérêts de la France et de Mayotte, défendent les intérêts des Comores". Dans la même édition, le journaliste Saïd Issouf dénonce les droit-de-l'hommistes "bien pensants" et regrette le silence des élus locaux. Pourtant, tous se sont exprimés dans divers médias. (…) (La suite dans Kashkazi n°70)
2008-05-11 |