Le journal des quatre îles de la Lune
Les vents n'ont pas de frontière, l'information non plus Abonnement
Toute l'actualité de toutes les Comores : Kashkazi N° 73 N° 72 N° 71 N° 70 N° 69 N° 68 N° 67 N° 66 N° 64 N° 62

Lundi 8 Septembre 2008

Acheter le numéro 72
Voir la UNE au format original
:
vous pourez le télécharger immédiatement en version PDF

Web Kashkazi
Où trouver Kashkazi en kiosque ?
Recevoir gratuitement La lettre de Kashkazi
chaque mois
Votre adresse email :
Votre nom
Pays
Rechercher un numéro de Kashkazi : entrez son numéro

Sommaire du N° 72

Le rapport accablant de la CNDS
Saisie en décembre 2007 par un député français suite au naufrage d'un kwassa provoqué par sa collision avec une vedette de la PAF à Maore, la Commission...
Comment les notables veulent reprendre la main
L’intronisation coutumière du président du Conseil général, le 6 avril, n’était pas une simple cérémonie folklorique. Elle symbolise la volonté des notables...
Dans les rouages de la "mafia Bacar"
La chute du colonel dévoile un système de "prédateurs" qui siphonnait l'économie anjouanaise, mais bénéficiait visiblement de complicités à l'extérieur...
Ndzuani : le courant séparatiste n'a pas dit son dernier mot
Loin du discours officiel selon lequel le séparatisme est mort, les anciens acteurs de la sécession de Ndzuani n'ont pas renoncé à "l'autonomie" de leur...
"On nous battait, mais au moins, on mangeait dignement”
Symbole de la décentralisation selon Soilihi, les mudiria restent dans certains villages reculés le seul signe de l'action de l'Etat depuis 30 ans. De...
Dockers, entre agonie et résurrection, la lente mutation des forçats de la mer
A Moroni, voilà quinze mois que la société Gulfcom a licencié 304 dockers et boutriers, signant la disparition d'une corporation autrefois puissante.

Documents

la circulaire Sarkozy règlementant les conditions d'interpellation et de garde à vue des étrangers en situation irrégulière en France.
Discours de N. Sarkozy à Dakar

Droit du sol à Maore

"Immigration clandestine : une réalité inacceptable, une réponse ferme, juste et humaine". Rapport sénatorial

Acheter un ancien numéro

N° 73 : 14 06 2008
N° 72 : 08 05 2008
N° 71 : 10 04 2008
N° 70 : 11 03 2008
N° 69 : 07 02 2008
N° 68 : 04 12 2007
N° 67 : 04 10 2007
N° 66 : 05 09 2007
N° 65 : 05 07 2007
N° 64 : 07 06 2207
N° 63 : 03 05 2207
N° 62 : 05 04 2007
N° 61 : 05 03 2007
N° 60 : 05 02 2007
N° 59 : 04 01 2007
N° 58 : 07 12 2006
N° 57 : 12 10 2006
N° 56 : 05 10 2006
N° 55 : 28 07 2006
Toutes les archives

L'actualité aux Comores au quotidien

Mayotte : des parents d'élèves non scolarisés mécontents
Les manifestants se sont réunis dans la matinée afin de dénoncer la non-scolarisation de leur(s) enfant(s). Selon l'association Oudaïlia Haqui Za M'mahore,

03/09/2008

Mayotte : un crash aérien pour du beurre
La préfecture de Mayotte avait annoncé la semaine dernière un exercice de simulation de crash aérien pour cette semaine, sans préciser la date de l'opération.

03/09/2008

Anjouan : des résultats du Bac catastrophiques
265 autres candidats sont appelés à repasser les épreuves de deuxième groupe, soit un pourcentage de 8,68%. En série A1, sur les 178 inscrits, 2 seulement

03/09/2008

La question de Mayotte au menu de l'ONU
Comme chaque année à l'approche de l'Assemblée générale de l'ONU fin septembre, les partisans du retour de Mayotte dans l'ensemble politique comorien scrutent

03/09/2008

Comores : les entreprises auraient perdu 60 millions à cause des pénuries
"Les pertes subies se chiffrent entre 20 et 30 milliards de francs comoriens (entre 40,6 et 60,9 millions d'euros)" depuis le mois de juin, a déclaré à

01/09/2008

Mayotte : une mission sénatoriale en vue de la départementalisation
Du 1er au 6 septembre, les membres de cette mission dirigée par le président (UMP) de la Commission des lois du Sénat, Jean-Jacques Hyest, doivent rencontrer

01/09/2008


En savoir plus sur les Iles de la Lune...

Anjouan
Grande Comore
Mayotte
Mohéli
Ocean Indien
L'actualité régionale

Ngazidja - Grande-Comore Société
Dockers, entre agonie et résurrection, la lente mutation des forçats de la mer

A Moroni, voilà quinze mois que la société Gulfcom a licencié 304 dockers et boutriers, signant la disparition d'une corporation autrefois puissante.


Warning: getimagesize() [function.getimagesize]: Unable to access hyest_jean_jacques95039l.jpg in /home/local/apache/htdocs/sites/m/malango-mayotte.com/kashkazi/article.php on line 30

Warning: getimagesize(hyest_jean_jacques95039l.jpg) [function.getimagesize]: failed to open stream: No such file or directory in /home/local/apache/htdocs/sites/m/malango-mayotte.com/kashkazi/article.php on line 30

Depuis, les uns cultivent leur lopin  de terre, les autres végètent dans la capitale… Ce que faisaient, en somme, leurs homologues  anjouanais à Mutsamudu, avant que le débarquement et la fuite de Bacar ne changent la  donne. Après des mois de galère, les journaliers du port comptent bien reprendre les négociations pour améliorer leur sort, comme le font ceux de Longoni, à Maore, après une  longue période de turbulences...

Ils s'appellent Anto, Abdillahi, Hospito, Abdallah Soule, Daniel Daoud… Ils sont anciens dockers, boutriers ou matelots, et ont perdu leur travail il y a un peu plus d'un an. Nous les rencontrons -c'est incontournable- place Kalaweni, près du port aux boutres de Moroni, assis à l'ombre d'un badamier, les yeux rivés sur les embarcations de bois et sur la mer. Cette mer où ils ont travaillé pour la plupart d'entre eux depuis leur plus jeune âge… A notre première question, les réponses fusent.  "C'est ici que nous passons toute la journée", expliquent-ils avant d'ajouter : "Nous sommes tous au chômage." Ce lieu, ils le nomment mpvo Mbure dju -entendez l'arbre à palabre. C'est ici, entre l'océan et la médina de Moroni, qu'ils se rencontrent quotidiennement.

Il est 14h30, ce lundi 14 avril, et ils se préparent pour une partie de pêche : un moyen pour eux de se faire un peu d'argent. Dans un petit seau noir posé sous leurs pieds, ils ont entassé leur matériel, qui attend pendant qu'ils se cotisent pour acheter les 5 litres d'essence nécessaires au moteur de leur vedette. "Vous voyez, même 3.000 fc [6 euros, ndlr], il est difficile pour nous de les avoir", indiquent-ils. Tous font partie de ce groupe d'hommes -304, selon leur avocat- qui se sont retrouvés sans travail au lendemain de l'acquisition de la gestion du port de Moroni, en janvier 2007, par Gulfcom, une joint-venture émirati des sociétés Al-Marwan et Gulftainer. La plupart d'entre eux, dockers, louaient leurs bras lors du déchargement des navires. Quelques uns, plus nantis, possédaient des boutres, ces bateaux de planches aux formes courbes qui, remorqués par des vedettes, transportaient les conteneurs des cargos jusqu'au port, trop peu profond pour accueillir la flotte marchande.

Par souci d'efficacité, Gulfcom a révisé les critères d'embauche de ses employés. Au premier rang de ces critères, l'âge et la condition de santé du candidat, qui devait fournir un curriculum vitae et se présenter pour un contrôle physique. C'est ainsi que du jour au lendemain, un nombre important de travailleurs qui jusque là n'avaient eu aucune autre activité, est resté sur le carreau. La société n'a embauché que 80 à 90 dockers qu'elle emploie régulièrement. D'autres, comme ce jeune homme que nous avons rencontré dans un couloir des bureaux de Gulfcom, viennent y travailler occasionnellement et reçoivent directement leur dû. "Hier j'ai travaillé avec eux et je viens toucher mon argent ", nous a-t-il dit. "Nous avons opté pour un nombre précis d'embauches. En cas d'activité intense nous faisons recours à des journaliers", explique le chef du personnel.

Du coup, c'est toute une couche sociale qui jusque là gagnait sa vie par un dur labeur, qui est en train de disparaître. Une force de travail qui jouissait autrefois d'une certaine puissance, et pouvait si elle le voulait bloquer l'activité économique du pays. Les dockers avaient d'ailleurs retenu, dans les années 80, l'attention du parti marxiste Front démocratique (FD), qui voyait en eux un groupe assimilable au prolétariat. "Ces gens faisaient leur travail dans des conditions extrêmement difficiles", indique Idrisse Mohamed, ancien cadre du FD. "Pour les révolutionnaires comoriens, les dockers constituaient l'une des classes ouvrières comoriennes et on s'était intéressés à eux." Issoufa Mmadi, un matelot de 55 ans, ajoute que "l'ex-président Ali Soilihi disait à l'armée révolutionnaire : 'Respectez bien ces gens qui soulèvent les marchandises au port, ils sont des soldats comme vous…'"

(la suite dans Kashkazi n°72)

2008-09-08

Nous contacter Sites partenaires Mise en ligne et maintenance : Malango Mayotte Admin