Sommaire du N°
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Après des mois de ralentissement économique, les dernières restrictions imposées aux autorités de l'île par l'Union africaine se font progressivement sentir.... |
Sous prétexte de lutter contre les mariages blancs, certains maires et agents de police détruisent des couples qui n'ont rien à voir avec un quelconque... |
C’est est l'une des plaisanteries les plus en vogue dans les aéroports comoriens : "- Tu pars en voyage ? T'es pas sur la liste ?" ça pourrait bientôt... |
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Il faisait partie des derniers des Mohicans. Mohicans, comprendre ici : ces illuminés qui rêvaient d'une Afrique plus blanche que blanche, et qui, de... |
Dans tout l'archipel, voyager pour affaires était autrefois le privilège de l'élite. Mais depuis une quinzaine d'années, mères de famille et jeunes chômeurs... |
Après avoir été acclamés en 1978, les mercenaires de Bob Denard vont révéler peu à peu leur véritable visage. Pendant onze ans, les Comoriens subiront... |
Le 28 septembre, Bob Denard et ses mercenaires, après un long voyage en mer, arrêtent dans sa résidence Saïd Mohamed Djohar et prennent le contrôle du... |
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L'actualité aux Comores au quotidien
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| EDITO du N°
68 |
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Jusqu'à quand ? Jusqu'où ? |
Venons en à l'évidence. Les Comores n'ont jamais été aussi près de l'implosion. Le démantèlement tant redouté fait son œuvre et, quitte à choquer certains esprits conformistes, on en vient à douter de la sincérité du "désir de vivre ensemble, de la volonté de continuer à faire valoir l'héritage qu'on a reçu indivis" -désir qu'Ernest Renan décrit comme l'un des éléments constitutifs d'une nation. Nous écrivions dans nos précédentes éditions (lire Kashkazi n°64) qu'au-delà de sa gravité et de sa longue durée, la crise séparatiste née en 1997 à Ndzuani n'est que le prolongement de la sécession de Maore en 1975 et de la tentative de rupture de Mwali en 1992. Qu'elle s'inscrit de ce fait dans la logique des soubresauts qui ont secoué cet archipel depuis son accession à l'indépendance.
Certes, la crise actuelle est avant tout le fait d’un régime ; d’une classe dirigeante que le peuple qu’elle dirige rêve de voir déguerpir. Certes, le danger de voir une des trois îles de l’Union “quitter le navire”, pour reprendre les propres termes de Mohamed Bacar, n’a rien à voir avec la volonté populaire de 1997 - nous sommes en présence d’un régime qui, aux abois, semble préférer la voie de la sécession plutôt que celle des urnes. Il n’empêche. La crise actuelle n’est que le prolongement de celle née il y a plus de dix ans...
Ces soubresauts qui reviennent régulièrement, ont pour dénominateur commun la forme de l'Etat issu de l'indépendance. En filigrane dans les débats parlementaires qui ont précédé l'accession à la souveraineté, cette question de l'Etat a toujours été escamotée et réduite au niveau des querelles entre les forces politiques. Le 6 juillet 1975, la déclaration unilatérale de l'indépendance, bien qu'elle ait accompagné une revendication légitime du peuple comorien a exprimer le besoin de s'émanciper, signait en même temps un profond désaccord entre les composantes de la classe politique sur cette question essentielle de l'Etat à construire. Il faut y voir la cause - légitime ou pas- de la fronde mahoraise et le motif - justifié ou non- de l'interruption du processus de renforcement de l'indépendance, décidé par le Front national uni.
Si le putsch du 3 août n'a pas permis de résoudre cette question en suspens et d'éviter le démembrement initié par la sécession mahoraise, Ali Soilihi a toutefois été le premier à tenter de construire l'Etat sur un schéma politique unitaire s'appuyant sur une structure décentralisée, et selon des règles qui s'imposent à tous. Il avait saisi les obstacles de l'insularité et des structures traditionnelles qu'il a voulu réformer pour laisser la place à une nouvelle citoyenneté qui dépasserait les limites des clans, abolirait les privilèges des classes, et introduirait une séparation de l'Etat et de la religion.
"On l'oublie parfois, mais qui aurait pensé que c'était un Mohélien qui administrerait la région de Mutsamudu et que cela ne poserait aucun problème ?" se souvient l'historien Ahmed Djabir, ancien gouverneur du régime d'Ali Soilihi. Tout le monde convient aujourd'hui qu'il s'agit de la seule tentative comorienne de construction d'une nation et d'affirmation de l'Etat. L'histoire ne fournit pas d'autres exemples d'hommes qui ont eu cette vision. Le règne des sultans dépassait à peine les limites d'une île, ce qui n'a pas empêché certains d'entre eux d'œuvrer au resserrement des liens intra ou inter îles, à travers les filiations, les échanges et parfois les conquêtes. Mais leurs propres limites n'ont pas permis la formation du "capital social sur lequel on assied une idée nationale" que Renan décrit comme la somme d'"un passé héroïque, des grands hommes, de la gloire". Ceux qui ont écrit l'histoire de ce pays se sont chargés de nous abreuver de suzerains sans autres ambitions que les luttes fratricides et sans gloire, prêts à se livrer au plus fort et au mieux offrant. L'allusion à quelques faits de résistance, ne fait émerger aucun nom héroïque. Les seules figures qu'on livre à notre mémoire, sont des acolytes dont le mérite est celui d'avoir vendu le territoire ou une partie.
La chute d'Ali Soilihi a emporté son utopie avec lui. En revenant au pouvoir, Ahmed Abdallah a adhéré à l'option d'une fédération qu'il avait rejetée lors des négociations avec la France lorsqu’il préparait l'accession de l'archipel à la souveraineté. Mais très vite, sans doute par l'intrusion de l'élément mercenaire qui répondait à des intérêts qui ne pouvaient pas être ceux de la nation comorienne, pris dans sa logique du pouvoir, il a renoncé à l'idée de fédération. Les intérêts partisans ayant repris le dessus sur toute autre considération, ni Djohar, ni Taki, n'ont réussi à proposer une alternative à l'Etat fiction.
La crise séparatiste comme réponse à cet échec, reposa de nouveau en 1997, la question de la nature de l'Etat, dans des termes inappropriés certes. En revanche, ceux qui déclaraient combattre ce séparatisme, n'ont pas eu le courage d'affirmer la nature de l'Etat qu'ils défendaient. Encore une fois, les politiques ont esquivé le fond du problème. Evitant de considérer le séparatisme comme l'un des termes du débat pour lui opposer une autre vision, ils se sont engouffrés dans une réconciliation sur rien. Face aux séparatistes qui assument leur vision des Comores, les autres forces politiques se sont contentées de manœuvres politiciennes, de consensus, dans le seul but de se maintenir au pouvoir, quitte à composer avec ceux qu'elles affirmaient combattre. Cela a abouti à cette constitution invivable. Cette structure insondable qu’est l’Union...
La lutte contre le séparatisme telle qu'elle a été conduite a été une grande supercherie. De même que le schéma d'une Union des Comores est une imposture. En affirmant que le chef de l'Etat n'a pas de territoire, ni de population, les chefs des exécutifs des îles ont ramené les Comores au temps des chefferies. Après 32 ans d’indépendance officielle, l'Etat comorien reste donc à inventer. Les soubresauts et les crises seront pour longtemps le lot de cet archipel tant qu'il n'aura pas résolu "ses doutes sur ses frontières", interrogé sa population sur son véritable désir de vivre ensemble et construit cette "conscience morale" que Renan qualifie de "légitime" lorsqu’"elle prouve sa force par les sacrifices qu'exige l'abdication de l'individu au profit de la communauté". On en est encore loin. Les espaces communs se rétrécissent. Les réflexes de solidarité se recroquevillent. On n'a jamais été autant Anjouanais, Mohéliens, Grands-comoriens, Mahorais, jusqu'aux couleurs des drapeaux et à la forme de la carte d'identité. Bientôt, chaque île enseignera sa vérité à ses enfants, livrera ses propres diplômes. La seule communauté pour laquelle les Comoriens sont dévoués à se sacrifier ne dépasse pas encore les contours de l'île, si ce n'est ceux du village. Jusqu'à quand ? Jusqu’où ?
Kamal'Eddine Saindou
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| Au
sommaire du N°
68 - page
1 |
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1995. "Vous ne me reconnaissez pas ?" |
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Le 28 septembre, Bob Denard et ses mercenaires, après un long voyage en mer, arrêtent dans sa résidence Saïd Mohamed Djohar et prennent le contrôle du pays. Huit jours plus tard, alors que l’armée française somme le vieux mercenaire de quitter le pays, le président comorien est déporté par la France à la Réunion, où il sera séquestré durant quatre mois. Avant de disparaître en février 2006, il nous avait raconté, en octobre 2005, l’histoire invraisemblable de ce rapt présidentiel...
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Sous le règne des “anges” |
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Après avoir été acclamés en 1978, les mercenaires de Bob Denard vont révéler peu à peu leur véritable visage. Pendant onze ans, les Comoriens subiront leur loi.
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D’amour, de stress et de papiers |
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Sous prétexte de lutter contre les mariages blancs, certains maires et agents de police détruisent des couples qui n'ont rien à voir avec un quelconque arrangement. Enquête sur une dérive naissante... |
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Exsangues, les Anjouanais rêvent (en douce) d'une libération |
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Après des mois de ralentissement économique, les dernières restrictions imposées aux autorités de l'île par l'Union africaine se font progressivement sentir. Sous l'apparente tranquillité des habitants, la colère couve contre Bacar. |
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De Dubaï à la Chine : le “rêve américain” des petits commerçants |
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Dans tout l'archipel, voyager pour affaires était autrefois le privilège de l'élite. Mais depuis une quinzaine d'années, mères de famille et jeunes chômeurs s'aventurent en Tanzanie, à Dubaï et même en Chine, histoire de joindre les deux bouts mais aussi de "voir du pays". Alors qu'à Maore, l'application prochaine du Code de la consommation inquiète ces petits importateurs, les Comores indépendantes connaissent la déferlante du commerce informel. Rencontre avec les pros du bazar, de la mode à bas prix et de la pacotille. |
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La bêtise est éternelle, mon cher Watson ! |
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Il faisait partie des derniers des Mohicans. Mohicans, comprendre ici : ces illuminés qui rêvaient d'une Afrique plus blanche que blanche, et qui, de la Namibie au Zimbabwe en passant, évidemment, par l'Afrique du Sud, ne voyaient dans le Noir qu'un sous-homme tout juste bon à assumer les basses besognes. Ian Smith, dernier Premier ministre de la Rhodésie, devenue le Zimbabwe après une rébellion armée contre le régime de la minorité blanche, est décédé en Afrique du Sud à l'âge de 88 ans, le 20 novembre. Jamais jusqu'à sa mort, rapporte Patrice Claude dans Le Monde 1, Ian Douglas Smith n'a émis le moindre remord quant à ses méthodes de combat pour la suprématie blanche…
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Elle est où, la région ? |
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Où est la région ? Existe-t-elle ? A quoi ressemble-t-elle ? Force est de constater que pour l'heure, elle ne représente pas grand'chose, si ce n'est une belle carte postale touristique. Qui, dans cette... |
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Jetez-les aux fauves, ça règlera le problème... |
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C’est est l'une des plaisanteries les plus en vogue dans les aéroports comoriens : "- Tu pars en voyage ? T'es pas sur la liste ?" ça pourrait bientôt être une devinette à la mode dans la cour des écoles : "- Quel est le point commun entre le président des Comores, un éleveur de poules, un chômeur et un marabout ?" Réponse : "-Tous ont leur nom sur une liste qui les empêche de se déplacer à l'intérieur du pays." |
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