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Vendredi 9 Mai 2008

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Sommaire du N° 69

Instantané Ouangani (extrait)
Gros plan (extrait)
Les petits à l'épreuve du droit commun
A Ndzuani, en attendant le débarquement
Instantané El Maarouf
Rue des incongrus
Quand les puissances mondiales s'intéressent aux Comores
Au-delà de l'aspect affectif, l'islam comorien représente un argument commercial de poids : "Les Comores sont l'un des rares pays musulmans où le climat...
Gay attitude - Cette sexualité dont personne ne parle
Sur le plan de la tradition, il semble qu'il n'y ait jamais eu de véritable répression contre les homosexuels dans l'Archipel. Rares sont ceux qui se souviennent...

Documents

la circulaire Sarkozy règlementant les conditions d'interpellation et de garde à vue des étrangers en situation irrégulière en France.
Discours de N. Sarkozy à Dakar

Droit du sol à Maore

"Immigration clandestine : une réalité inacceptable, une réponse ferme, juste et humaine". Rapport sénatorial

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L'actualité aux Comores au quotidien

Nomination de nouveaux responsables militaires à Anjouan
Cet officier origine anjouanaise s’est illustré en s’opposant aux chefs séparatistes, ce qui lui a valu d’être persécuté et pourchassé à Anjouan. Le nouveau

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Des experts de l’OCI attendus prochainement aux Comores
C’est ce qu’indique un communiqué de l’Organisation, dont copie est parvenue à l'agence de presse APA. Selon la source, la mission envoyée par le secrétaire

09/05/2008

Les populations rurales réclament de l'eau courante aux Comores
"Le projet d’adduction d’eau dans le Oichili, mené en partenariat avec l’ONG Hydraulique sans Frontières, est suspendu parce que le gouvernement n’a pas

09/05/2008

Comores : le gouvernement interdit les bals de jeunes
Les préfets de région sont actuellement mis à contribution pour sensibiliser les chefs locaux, à savoir les maires, les chefs de village, les notables

09/05/2008

Abdou Dahalani élu président du CES
Elu pour trois ans, Abdou Dahalani est le deuxième président du CES, créé en 2005 dans le cadre de la décentralisation, et chargé de conseiller les élus

09/05/2008

Quatre ans de prison pour le patron de Fix'Avion
Les faits remontent au milieu de l'année 2007. Jean-Claude Hoarau annonce dans différents médias, via sa société fantôme Fix'Avion, des billets aller-retour

09/05/2008


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L'actualité régionale

EDITO du N° 69

Edito

Il n'y a pas de guerre juste, ni de conflit que l'on préfère à la paix. Mais que c'est curieux de voir des gens appeler de tous leurs voeux à la guerre. C'est pourtant ce que font une partie des Comoriens depuis la déclaration du président Sambi le 21 décembre à Mwali, ordonnant à l'Armée nationale de développement (AND) de "libérer Anjouan". La crise anjouanaise a pris ce jour-là un tournant dangereux mais visiblement souhaité par une grande majorité des habitants de l’archipel, qui a suscité deux rassemblements sur la place de l'indépendance de Moroni, pour réclamer "le débarquement" et déloger le président autoproclamé de Ndzuani, le colonel Bacar.

Si l'on peut comprendre l'exaspération du président de l'Union dont l'autorité ne s'exerce pas sur cette partie du territoire national, ainsi que le désespoir de la population anjouanaise, victime d'exactions effectuées par les Forces de la gendarmerie anjouanaise (FGA), on comprend difficilement la culture belliqueuse qui accompagne l'option militaire choisie pour dénouer la crise politique.

            La rue comorienne est en effet en effervescence et l'intervention armée prévue à Ndzuani est devenue le sujet de prédilection sur toutes les places publiques. C'est à peine si l'on ne chante pas les vertus de la guerre pour la justifier comme "le seul moyen de consolider la nation". L'instinct belliqueux a contaminé le corps social, chacun essayant d'y trouver un signe de puissance et de vitalité plutôt que l'expression de l'incapacité des hommes à dialoguer pour chercher ensemble les réponses appropriées à leurs problèmes. Le discours ambiant emprunte la voie de l'aveuglement et déchaîne ces mots empoisonnés dont on ne mesure plus la gravité et la capacité de destruction prouvée en d'autres lieux, et dont l'actualité nous apporte quotidiennement les images d'épouvante. Insidieusement, les esprits s'y accoutument, musèlent les voix contraires et trouvent des justifications au recours à la violence sous prétexte qu'elle combat une autre violence, plus forte, plus insupportable.

Devenu l'exutoire d'autres frustrations quotidiennes pour lesquelles on n'a plus de réponse, le champ de bataille est habité par un discours de la démesure. Alors qu'officiellement, l'intervention de l'AND à Ndzuani reste une opération de rétablissement de l'ordre républicain, la rue y voit une "guerre de libération". Certes, le gouvernement de l'Union ne s'efforce pas de nuancer les mots. En langue comorienne, comme en français, l'armée va "libérer" l'île, répète-t-on, laissant volontairement s'opérer ce glissement sémantique qui satisfait les fantasmes. Le rétablissement de l'ordre et la guerre sont pourtant deux notions de sens juridique différents, n'appelant pas aux mêmes moyens et n'entraînant pas les mêmes conséquences.

            A Ndzuani aussi, on se livre volontairement à ce jeu malsain. Comme cette réplique de Bacar à Sambi lorsqu'il lui conseillait de "ne pas pousser les Anjounais à dire qu'un jour nous allons déplacer la guerre à Ngazidja". Expliquant la réaction des autorités anjouanaises face à une éventuelle intervention militaire, Mohamed Abdou Madi affirme qu'"Anjouan n'a pas de gros moyens mais elle est prête à mener la guerre des pauvres". "Nous les attendons de pied ferme. Nous ferons de notre mieux pour les repousser. Nous saurons répondre à la guerre par la guerre. Mais je ne comprends pas que l'Union africaine valide une telle solution alors qu'au Kenya, elle fait tout pour arrêter la guerre et pousser à la formation d'un gouvernement d'union nationale", déclarait-il également le 25 janvier dans les colonnes du Quotidien de la Réunion, semblant répondre à Sambi qui, un mois plus tôt, affirmait que "s'il faut que le sang coule pour qu'Anjouan revienne dans le giron national, je jure qu'il coulera"…

Le recours au terme mythique de "libération" relève de cette même logique de l'exagération. Ndzuani n'est pas occupée par une force étrangère, mais la seule évocation de sa "libération" glorifie l'action envisagée et donne à l'intervention militaire, une légitimité quasi intrinsèque. L'effet de sublimation que renvoie ce terme se trouve résumé dans cette transposition toute trouvée : "Après Anjouan, l'armée doit se préparer à libérer Mayotte", avait lancé un intervenant au dernier rassemblement de soutien au débarquement organisé à Moroni.

L'enjeu de l'intervention militaire à Ndzuani ne serait donc plus d'obliger le colonel rebelle à se soumettre aux règles du jeu électoral, mais de reconquérir la souveraineté confisquée des îles comoriennes. Cela ne semble pas être la préoccupation première d'une opération dite d'instauration de l'ordre institutionnel. Dans cette confusion voulue, la rue cède aux exagérations et sur la crête des mots détournés de leur sens, elle se laisse prendre au jeu des manipulations.

Poursuivons ce lexique avec ce militant anti-Bacar. Parlant de l'arrivée à Moroni et à Fomboni de personnes fuyant les exactions perpétrées par les Forces de la gendarmerie anjouanaise, il qualifia ce phénomène de "déplacement de population" pour un peu moins ou un peu plus d'un millier d'Anjouanais venus à Moroni, oubliant sans doute ce que signifie cette expression au Kenya, par exemple, où le nombre de personnes ayant fui les violences post-électorales étaient évalué le 25 janvier à 250.000…

La Fédération comorienne des Droits de l'Homme (FCDH), dont l'éthique devrait imposer une analyse rigoureuse des situations pour éviter toute instrumentalisation, écrivait quant à elle dans un récent communiqué, qu'un "drame humanitaire qui peut déboucher sur un génocide est en gestation ces jours ci dans l'île comorienne d'Anjouan. Ce qu'on appelle pudiquement le pouvoir de fait, arrête, torture, expulse, viole bon nombre de nos frères et sœurs dans cette île martyre et martyrisée quotidiennement". Si les gendarmes anjouanais se livrent à des intimidations, des arrestations et des tortures comme l'attestent de nombreux témoignages, rien ne permet de comparer ces exactions à un "génocide" qui, rappelons-le, consiste à exterminer volontairement un peuple. L'inconscience de la dimension d'horreur que revêt ce terme et un nombrilisme insulaire exacerbé à l’extrême décrédibilisent de fait les informations de la FCDH, dont les membres ne se rendent visiblement pas compte de l'indécence et du ridicule qu'il y a à assimiler la situation anjouanaise à celles des Tutsi en 1994, des Juifs et des Tziganes en 1942, des Arméniens en 1915, des Herrero en 1904…

            Dernière incursion dans notre dictionnaire des mots galvaudés : "dictature". S'il peut être utilisé pour décrire les errances du régime Bacar, qui n’accepte aucun contre-pouvoir et a fait des pouvoirs législatifs et judiciaires des outils de l’éxécutif, voici que des opposants de Sambi l'emploient pour critiquer la politique du président comorien. Certes, les Comores ont connu des dictatures -relativement peu sanglantes. Certes, on peut reprocher au chef de l'Etat les disfonctionnements de la Cour constitutionnelle, le rôle marginal accordé à l'Assemblée et ses incursions dans le système judicaire. Mais la dictature, c'est aussi et surtout la privation des libertés individuelles, à commencer par celle qui consiste à s’exprimer sans contrainte. Sur ce point, les habitants de Ngazidja ne peuvent globalement pas se plaindre.

Dans un précédent article, nous relevions une certaine propension des acteurs politiques comoriens à "mettre en scène les peurs et les désirs de revanche" (lire Kashkazi n°67). Dans la "guerre psychologique" que se livrent aujourd'hui les deux camps, l'espace est de plus en plus saturé de mots empoisonnés qui réveillent des anciennes fractures et frustrations, et que les blogs se chargent, sur la toile, de distiller tels des virus pour pourrir un peu plus une situation déjà complexe. Chacun forge ses mots pour doper la haine, pour légitimer la "guerre", pour justifier la violence, pour préparer à accepter l'horreur. Des mots comme autant de munitions aussi meurtrières que les balles et les roquettes…

 

Au sommaire du N° 69 - page 1
Région - Comores
Gay attitude - Cette sexualité dont personne ne parle
Sur le plan de la tradition, il semble qu'il n'y ait jamais eu de véritable répression contre les homosexuels dans l'Archipel. Rares sont ceux qui se souviennent d'avoir vécu une forme d'ostracisme à la suite d'un acte homosexuel commis au sein de leur communauté d'origine.
Lire l'article " Gay attitude - Cette sexualité dont personne ne parle "
Maoré - Mayotte
Les petits à l'épreuve du droit commun
Fin novembre dans la commune de Combani. Plusieurs fourgons de gendarmerie quadrillent l’exploitation de Dani Salim, président de la Confédération paysanne et de la Chambre de l’agriculture, de la pêche...
Lire l'article " Les petits à l'épreuve du droit commun "
Région - Comores
Quand les puissances mondiales s'intéressent aux Comores
Au-delà de l'aspect affectif, l'islam comorien représente un argument commercial de poids : "Les Comores sont l'un des rares pays musulmans où le climat est favorable. Les familles du Golfe pourront y séjourner en famille, dans un cadre touristique, avec la sécurité et le respect de la culture musulmane." Sambi a-t-il favorisé ce regain d'intérêt ?
Lire l'article " Quand les puissances mondiales s'intéressent aux Comores "
Maoré - Mayotte
Gros plan (extrait)
18 janvier, 17 heures. Le lieu dit "Le tunnel" en Petite Terre, censé marquer la frontière entre Labattoir et Pamandzi, s'apparente, quelques heures durant, à un no man's land. Non pas qu'il soit interdit...
Lire l'article " Gros plan (extrait) "
Région - Comores
Rue des incongrus
C'est l'histoire de deux mobilisations. La première a vu s'émouvoir l'ensemble de la classe politique réunionnaise, tous les médias locaux, et même l'évêque du cru. La deuxième n'a rassemblé que quelques...
Lire l'article " Rue des incongrus "
Ndzouani - Anjouan
A Ndzuani, en attendant le débarquement
Depuis quelques jours, Ndzuani revit péniblement. Dimanche 3 février, une cargaison de gazole est arrivée. "Cela faisait plusieurs jours qu'on n'avait quasiment plus d'électricité. Il n'y avait quasiment...
Lire l'article " A Ndzuani, en attendant le débarquement "
Maoré - Mayotte
Instantané Ouangani (extrait)
“Depuis une semaine, c'est le calme plat. On a l'impression que le village dort. Les commerçants ne vendent plus rien. Les maisons en construction n'avancent pas. La journée, il n'y a personne dans les...
Lire l'article " Instantané Ouangani (extrait) "
Ngazidja - Grande-Comore
Instantané El Maarouf
Un jour de pluie battante à Moroni. El-Maarouf, le "centre hospitalier de référence" des Comores, laisse suinter par tous les pores de ses murs souillés ses mauvaises humeurs, ses impuissances, la détresse...
Lire l'article " Instantané El Maarouf "
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